17 juin 2009

Motion CE

Le Conseil d’École de l’IUFM du Limousin, école interne de l’Université de Limoges, réuni le 17 juin en session plénière

- demande solennellement que les lauréats des concours 2010 bénéficient, comme les promotions qui les ont précédés et qui ont suivi les mêmes cursus, d’une formation en alternance organisée selon les mêmes dispositions, c’est-à-dire comportant 1/3 de l’année en responsabilité et 2/3 consacrés à leur formation et leur travail personnel.

- constate que le ministère de l’éducation nationale cherche à imposer ses projets de décrets, contre l’avis unanime de la CPU, la CDIUFM, la CDUS, la CDULL et d’organisations syndicales : le 5 juin, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a anticipé sur leur publication. Il a adressé aux présidents d’universités et aux recteurs une note de service qui les engage à commencer la mise en œuvre de la réforme de la formation des maîtres par la délivrance d’équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours de recrutement de 2010.

Le conseil d’école de l’IUFM proteste contre cette procédure qui constitue un coup de force en entamant la mise en œuvre d’une réforme qui n’a pas encore d’existence légale et en témoignant du fait que les travaux de la commission Marois-Filâtre, tout comme les avis des responsables de formation, sont ouvertement considérés comme ne pouvant avoir d’influence sur des décisions les concernant.

- demande enfin que soit officiellement confirmé le renouvellement intégral des décharges des formateurs associés afin qu’ils puissent continuer à exercer en 2009-2010 leurs tâches de formation dans l'IUFM dans les mêmes conditions que cette présente année.

9 juin 2009

Motion CNFDE

Motions de la 4e Coordination Nationale de la Formation Des Enseignants

mardi 9 juin 2009

La 4e Coordination Nationale de la Formation Des Enseignants s’est réunie à Censier (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3) ce samedi 6 juin 2009. Les travaux, qui ont réuni une centaine de participants (délégués d’IUFM et d’UFR, responsables syndicaux, un représentant de la CDIUFM, représentants d’associations professionnelles), ont permis de dresser un état du mouvement d’opposition aux réformes ministérielles et d’adopter plusieurs motions (il est à noter que tous les textes ont été adoptés à l’unanimité).
MOTION 1

RETRAIT IMMÉDIAT DE LA NOTE DE SERVICE HETZEL DU 5 JUIN

Alors que le ministère de l’éducation nationale cherche à imposer ses projets de décrets, hier, 5 juin, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a anticipé sur leur publication. Il adressé aux présidents d’universités et aux recteurs une note de service qui les engage à commencer la mise en œuvre de la réforme de la formation des maîtres par la délivrance d’équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours de recrutement de 2010.

Par delà les dispositions particulières envisagées par ce texte, il s’agit d’un viol de la légalité. Aucun texte réglementaire n’ayant été promulgué jusqu’à présent pour modifier le recrutement et la formation des enseignants, cette note anticipe une réforme qui, pour l’instant, n’existe que sous forme de déclarations et de communiqués des ministres, mais n’a aucune existence juridique.

C’est une nouvelle provocation envers la communauté universitaire, les enseignants et les formateurs des UFR et des IUFM. C’est une nouvelle humiliation pour les instances universitaires : ce texte est envoyé aux présidents d’université alors que les ministères ont mis en place la commission dite de « concertation » Marois-Filâtre, qui a à peine commencé ses travaux.

C’est un déni de la volonté des instances universitaires, qui ont refusé de la façon la plus massive et la plus catégorique le projet de réforme gouvernemental. Et c’est une façon perverse de concevoir l’autonomie des universités puisqu’on leur dit en somme : mettez en œuvre de la manière qui vous conviendra cette réforme dont vous ne voulez pas.

C’est une atteinte sans précédent à l’égalité des étudiants : les critères d’attribution des équivalences pourront être « modulés » d’une université, d’une UFR ou d’un IUFM à l’autre. Qui pourra assurer que l’équivalence accordée à Lille le serait à Toulouse, que l’équivalence accordée en maths ici le serait en espagnol là ? Ce texte ébranle le cadre national des diplômes et porte atteinte à la souveraineté des jurys.

On peut s’étonner que le ministère, qui s’est affirmé récemment si soucieux de préserver la valeur des diplômes et leur contenu, improvise ainsi des critères de validation fantaisistes.

La Coordination nationale formation des enseignants demande au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche d’annuler ce texte. Elle demande aux syndicats d’attaquer cette note de service par tous les moyens, de ne pas participer aux auditions de la commission Marois-Filâtre et de se retirer des « groupes de travail ». Elle appelle les instances universitaires à refuser d’appliquer cette note et à exiger son annulation. Elle appelle la Conférence des présidents d’universités et la CDIUFM à refuser dès aujourd’hui de continuer à siéger dans la commission Marois-Filâtre tant que ce texte et les projets de décrets sur le recrutement des enseignants ne sont pas retirés.
MOTION 2

PROPOSITIONS D’ACTIONS

La CNFDE appelle à la poursuite de l’action sous toutes ses formes, pour mettre en échec le putsch gouvernemental et la promulgation à marche forcée des décrets modifiant le recrutement et la formation des enseignants.

- La CNFDE, en accord avec la Coordination Nationale des Universités, appelle à l’unanimité tous les syndicats à voter contre les décrets lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’État du 12 juin 2009. - La CNFDE va proposer à tous les signataires de l’appel « Formation des enseignants : le temps presse ! » un nouvel appel demandant le retrait des projets de décrets et la reconduction pour 2010 des dispositifs actuels de recrutement et de formation des enseignants. Une conférence de presse sera organisée pour le lancement de cet appel. - La CNFDE recommande à tous les jurys (concours, examens, qualification professionnelle) d’utiliser tous les moyens possibles pour exprimer leur condamnation de la réforme gouvernementale : rétention de notes, motions, blocage administratif. - La CNFDE appelle à organiser dans chaque université le blocage administratif de l’application de la circulaire Hetzel du 5 juin (voir la déclaration ci-dessous) : pas de remontée des maquettes de masters « enseignement », pas de mise en place des équivalences de M1 et M2, les PLC1 doivent être inscrits administrativement dans les IUFM. - La CNFDE appelle à prévoir, à organiser et à annoncer dès maintenant des actions dès la rentrée : grèves sous toutes leurs formes, manifestations, diffusions de tracts, etc. - La CNFDE appelle à l’organisation, dans chaque établissement, de journées d’étude et de concertation réunissant des formateurs des IUFM et des UFR pour élaborer collectivement une autre réforme de la formation des enseignants. Le CNFDE fera des propositions pour coordonner ces assises locales et leur donner une visibilité nationale. - La CNFDE appelle à participer aux manifestations du 12 juin devant le CSFPE, du 13 juin, et à toutes les manifestations qui pourraient être organisées, localement ou nationalement, dans le cadre du mouvement de refus des contre-réformes gouvernementales. - La CNFDE appelle à organiser partout, et en particulier en direction des parents d’élèves et des lycéens passant le bac, des distributions de tracts (et spécialement le 4 pages « École en danger ») expliquant les raisons de notre mouvement.
Motion 3

AMÉLIORER LA FORMATION DES ENSEIGNANTS : SUR QUELS PRINCIPES ?

Modifier en profondeur la formation des enseignants, c’est s’engager sur le long terme. Concevoir une réforme demande donc du temps, des espaces de négociation avec toutes les parties prenantes. C’est pourquoi il faut reconduire immédiatement et intégralement les modalités, conditions et plans de formation pour les lauréats des concours de 2010. Une réforme de la formation des enseignants doit être conforme aux principes suivants :

1. Le recrutement des enseignants des 1er et 2nd degrés doit s’opérer systématiquement à travers des concours nationaux donnant lieu, pour les lauréats, à l’obtention d’un poste de fonctionnaire d’État.

2. Le recrutement des PLC certifiés, des PE et des PLP doit se réaliser au même niveau du cursus universitaire.

3. Un cadre national doit garantir l’unité des formations et la qualité des recrutements.

4. La formation initiale professionnelle et rémunérée après le concours, avec un statut de fonctionnaire stagiaire, doit avoir lieu sous la responsabilité des IUFM, écoles professionnelles interuniversitaires, dont le potentiel actuel doit être préservé et renforcé. Durant l’année post-concours, la formation doit respecter l’équilibre suivant : 1/3 du temps pour la prise en charge de classes en responsabilité, 2/3 pour l’analyse de pratique et les autres modes de formation.

5. Une formation des enseignants de qualité doit être une formation en alternance, mobilisant des équipes de formateurs pluricatégorielles.

6. La formation continue doit être d’emblée articulée au dispositif de formation initiale. Celle-ci doit comprendre aussi un accompagnement à l’entrée dans le métier.

7. Nous demandons une structure académique interuniversitaire pour la formation initiale, la formation continue et la recherche en éducation, intégrant le potentiel de formation et de recherche des IUFM et permettant de renforcer les coopérations entre les UFR et les IUFM dans les formations académiques et professionnelles.

8. Il faut développer la formation continue de tous les formateurs d’enseignants, quelle que soit leur catégorie.

9. Compte tenu des besoins actuels, il faut augmenter le nombre de postes mis au concours et assurer sa visibilité à moyen terme à travers un plan pluriannuel de recrutement.

10. Les étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement doivent bénéficier d’allocations d’étude ou de dispositifs de prérecrutement.

11. Nous refusons la juxtaposition dans la même année du M2, des épreuves des concours, des stages en responsabilité, etc. qui en ferait une année ingérable, aboutirait à dévaloriser les masters et inciterait au bachotage.

12. Toute réforme doit aboutir à une véritable amélioration de la qualification professionnelle des enseignants.

Le temps a manqué pour aborder les points suivants, sur lesquels il faudra approfondir la discussion :

• La formation actuelle des enseignants à Bac + 5, dans le cadre universitaire, doit être reconnue par la délivrance d’un master.

• La revalorisation, qui doit bénéficier à l’ensemble des enseignants et des personnels, ne doit pas être dépendante de la réforme de la formation.

• Place des concours : L3, M1, M2, après M2 ?

• Modalités de financement des études : allocations d’étude, allocation de formation, prérecrutement…

• Articulation formation-recherche : initier tous les enseignants aux démarches de la recherche (scientifique, didactique et pédagogique) ; la formation prend appui sur les recherches.

• Possibilité de réorientation.

• Préprofessionnalisation en licence.

18 mai 2009

Communiqué de la CDIUFM suite aux dernières annonces ministérielles

Réforme du recrutement et de la formation des enseignants : RECUL ou AVANCÉE ?
Communiqué de presse
Lundi 18 mai 2009

UN RECUL …

La Conférence des directeurs d’IUFM se félicite de voir les étudiants lauréats des concours de recrutement d’enseignants en 2010 entrer directement dans la vie professionnelle avec un salaire de fonctionnaire stagiaire. Si les concours sont maintenus à l’identique à Bac + 4, il est logique en effet que l’entrée comme salarié dans la fonction publique enseignante continue de suivre immédiatement la réussite au concours. Les étudiants (et leurs familles) ont tout lieu d’en être satisfaits.

… OU UNE MARCHE FORCÉE ?

En revanche, les futurs enseignants ont tout lieu d’être inquiets car ils seront mis en poste immédiatement après le concours, accompagnés par un ersatz de formation professionnelle, pompeusement baptisée « formation continuée en cours d’emploi ».
Force est de constater qu’il n’y aura rien à « continuer » : il s’agira de commencer la formation
professionnelle ; et il s’agira de la commencer en cours d’emploi, ce qui signifie en situation d’urgence, donc dans de mauvaises conditions et en un temps très limité.

Ce qui est subtilement présenté comme un recul ministériel est en fait l’avancée d’une année de la mise en place du projet de réforme prévu et de sa mesure la plus contestable : la suppression pure et simple de l’année de formation professionnelle des futurs enseignants.

C’est bien toute authentique formation professionnelle qui est aujourd’hui supprimée, risquant de mettre en grande difficulté ces futurs professeurs et, à travers eux, les élèves qui leur seront confiés.

POUR UNE VERITABLE AVANCÉE

C’est pourquoi la Conférence des directeurs d’IUFM en appelle solennellement aux ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour qu’ils rendent aux futurs professeurs l’année d’authentique de formation professionnelle qui leur est supprimée.

Contact presse
Conférence des directeurs d'IUFM
Sandra VIÉ
Chargée de communication
Tél. 01 44 32 92 47
sandra.vie@cdiufm.amue.fr

14 mai 2009

Sylvie Plane pose les vraies questions

Le mail ci-dessous pointe clairement les limites des prétendus "bougés" ou "avancées" du groupe de travail. La vérité est que le ministre fait passer sa réforme au fil de ces négociations, et les conséquences seront désastreuses !

De : Sylvie PLANE <sylvie.plane@wanadoo.fr>
Date : 14 mai 2009 07:55:40 HAEC
À : CNFDE <cnfde@googlegroups.com>, Forum-Supérieur SNESUP < forum-superieur@list.snesup.fr>, Forum FDM SNESUP <forum-fdm@list.snesup.fr>
Cc : Gilles MOINDROT <gilles.moindrot@snuipp.fr>
Objet : [Forum-superieur] Un passage en force inacceptable


Chers collègues,
Si je comprends bien les communiqués, le ministère est resté campé sur sa
position :
- mis à part la reconduction des concours pour l'année 2010 concédée il y a
déjà plusieurs mois, depuis lors il n'a pris en compte aucun de nos
arguments.
- le fait que l'année suivant l'obtention du concours, les lauréats aient le
statut de stagiaires n'est pas une concession ministérielle : le passage par
le statut de stagiaire est une étape réglementaire incontournable.
- mais l'augmentation du service d'enseignement durant cette période est un
choix ministériel : il y a deux ans, les stagiaires, assuraient I/4 de
service ; depuis deux ans ils assurent 1/3 de service. Le ministère prévoit
qu'ils assureront désormais 2/3 de service, alors qu'ils ont suivi la même
formation initiale et passé le même concours que les promotions qui les ont
précédés. La seule justification est économique.

L'année de stage sera intenable pour les jeunes lauréats.
Au primaire, ils ont la charge d'une classe 3 jours sur 4; ou bien -
hypothèse plus probable - ils assureront 3 décharges de directeurs dans
trois établissements différents : le lundi en CP, le mardi en CM, le jeudi
en maternelle...
Dans le secondaire, les stagiaires de lettres se verront confier 3 classes
de français en collège ou en lycée, ceux d'histoire-géo 4 classes, ceux
d'anglais 5 classes... Nécessairement sur des niveaux différents.
Quelle disponibilité intellectuelle ces jeunes collègues auront-ils ?
Il faudra les équiper d'un kit de survie et d'adresses Internet où ils
trouveront des séquences de cours toutes prêtes.
Est-ce cela qu'on appelle élever le niveau de recrutement des enseignants?

Cela est inacceptable
Sylvie Plane