2 avril 2009

Position de la CPU sur la formation des enseignants

Les concours 2010 étant maintenus sur le modèle des concours 2009 (même forme, même programme, même calendrier), le CA de la CPU invite les présidents d’université à mettre en oeuvre dès maintenant des procédures de préinscription dans les IUFM de chaque académie, afin d’assurer la meilleure information et communication auprès des étudiants(es), sur les concours 2010 et les préparations 2009-2010.

Il sera ensuite de la responsabilité des universités, académie par académie, de définir les modalités d’inscription définitive, soit en IUFM, soit dans les UFR.

Lorsque l’année de préparation au concours 2010 se déroule en IUFM, il reviendra aux universités de déterminer les conditions dans lesquelles elles reconnaitront cette année de préparation comme l’équivalence d’un M1 pour s’inscrire dans un M2.

Pour que les inscriptions dans des UFR soient possibles, les universités doivent disposent des parcours, spécialités ou mentions spécifiques de master en rapport avec la préparation aux concours. L’habilitation de nouvelles maquettes ne saurait être considérée comme une obligation pour l’année 2009, dans la mesure où les concours et préparations restent inchangés

Enfin, le CA rappelle que la participation de la CPU à l’animation de la commission de concertation se fonde sur une ambition : l’engagement des universités pour une formation des maîtres de qualité, qu’elle soit initiale ou continue.
Par contre, cette participation repose sur un préalable et 3 principes :
  • Les travaux de la commission de concertation sur la réforme 2011 ne peuvent démarrer avant que la question de l’année de fonctionnaire stagiaire des lauréats du concours 2010 ne soit définitivement tranchée. Sur ce sujet, le CA de la CPU considère qu’une discussion rapide doit s’engager très vite entre le Ministère de l’éducation nationale et les syndicats d’enseignants.
  • l’objectif de cette commission doit être de repenser la réforme et non de se limiter à la mettre en oeuvre sous sa forme actuelle.
  • cette commission devra mener un travail de réflexion et faire des propositions sur les divers points de cette réforme : nature et positionnement du concours, articulation de la formation disciplinaire et de la formation professionnelle, modalités de financement des études…
  • Le travail de cette commission doit s’opérer dans la concertation la plus large avec l’ensemble des acteurs concernés par la formation des maîtres.
Texte adopté à l’unanimité des membres présents.

1 avril 2009

Daniel Mermet : Je pense donc je nuis

Là-bas si j'y suis sur France inter :

Télécharger le reportage de Daniel Mermet

mercredi 1er avril 2009 : "Je pense donc je nuis" (54 mns !)

Depuis neuf semaines, universitaires, chercheurs, étudiants, personnels non-enseignant, bloquent les facs, tapent sur des casseroles, tournent en rond pour se faire entendre. Alors, Aline Leclerc est allée leur tendre son micro pour savoir ce qu'ils veulent, mais aussi ce qu'ils ne veulent pas...

Motion proposée au CEVU

MOTION SUR LA FORMATION DES ENSEIGNANTS, PROPOSEE AU CEVU DE
L’UNIVERSITE DE LIMOGES


(Le CEVU prévu initialement le 1er avril a été reporté à une date ultérieure non-communiquée)

Après avoir concédé, le 20 mars dernier, le maintien des concours dans leur forme actuelle en
2010, le gouvernement vient d’annoncer que les étudiants titulaires d’une licence pourraient
s’inscrire aux formations actuelles (PE1, PLC1, etc) à l’IUFM ou en master dans les UFR.
Par là même, le feu vert est donné aux pré-inscriptions en 1ère année dans les IUFM, que
celui de Limoges avait déjà ouvertes pour le 1er degré.

Ainsi, en quelques jours, le gouvernement vient de céder à des revendications auxquelles il
était resté sourd jusque- là. Le CEVU tient à saluer la mobilisation des membres des collectifs
locaux, des A.G. (étudiants, enseignants-chercheurs, formateurs, stagiaires, BIATOSS) qui,
par leur opiniâtreté et leur sens des responsabilités, ont contribué à ce recul partiel.
Le gouvernement annonce aussi que la 1ère année de formation, pour les étudiants inscrits en
IUFM en 2009/2010, sera validée comme 1ère année de master. Derrière ce qui peut
apparaître comme une nouvelle concession, le gouvernement cherche en fait à enclencher de
façon irréversible le processus de la réforme de la formation dès septembre 2009.

Or, sur le fond, son projet reste inchangé ; il tourne le dos à l’amélioration de la qualité de la
formation.
Au total, le CEVU estime que, si le recul est réel, le gouvernement reste déterminé à réaliser
sa réforme.
C’est pourquoi le CEVU demande le maintien intégral des modèles de formation actuels pour
l’année 2009/2010.Le CEVU exige aussi l’accès à une année de stage rémunérée pour les
lauréats des concours de 2010.
Comme le réclame la CDIUFM, le CEVU demande la tenue d’assises nationales de la
formation des enseignants et invite le CA à faire en sorte que s’engage rapidement ce
processus démocratique de façon décentralisée dans les UFR, les IUFM ; puis au niveau
académique.

Le CEVU réaffirme que cette réforme c’est toujours :
* La disparition de l’année de formation rémunérée après le concours et d’une véritable
formation alternée après le concours ;
* Une année de M2 qui sera un ingérable fourre-tout (concours, mémoire, stages) ;
* Le risque de constituer un corps de précaires avec les reçus au master et collés aux
concours ;
* la concurrence entre universités.
En outre la question du financement des études est toujours au point mort.
Le CEVU demande le retrait de la réforme et la tenue d’Assises nationales !
Bien entendu, il est hors de question de faire remonter les maquettes des masters.

31 mars 2009

Pourquoi nous devons continuer à nous battre Nicole Orthous

Publié sur le site de la CNDFE

Pourquoi nous devons continuer à nous battre contre cette réforme de "mastérisation" qui n'est qu'un désengagement de l'Etat dans sa mission de formation des enseignants.


Une université autonome pourrait bien assurer la formation des maîtres, la formation à n'importe quel métier. La réforme consiste à avoir des étudiants dans les universités et à valider leur cursus par un diplôme. Rien ne dit qu'ensuite ils auront un poste, une titularisation, un statut de fonctionnaire d'Etat.


Vouloir "sauver" les IUFM, ce n'est pas demander à conserver une institution détestée (certains de plaisent à le rappeler) dont on dit je ne sais quelles horreurs (de la part de personnes qui ne manquent pas d'exiger, pour d'autres objets, des sources, des études, des références et des évaluations sérieuses, des travaux scientifiques). Défendre les IUFM, c'est affirmer qu'il faut conserver une école de formation (et de préparation aux concours) qui accueille les candidats à un concours national et les lauréats d'un concours national, professeurs stagiaires, pour les former au métier d'enseignant.


La réforme est un désengagement de l'Etat. Désengagement territorial, financier, tutélaire. La réforme de l'université aussi. Pour un pays comme la France, autonomie
est synonyme de privatisation. "Les acteurs pleins et entiers de la formation initiale et continue"... que seront les universités, cela vient tout naturellement dans la bouche deDarcos. Il s'agit, pour lui, d'appliquer le processus de Lisbonne.


On se réfère à Lisbonne comme si c'était une catastrophe naturelle à laquelle on ne peut rien. Le processus de Lisbonne n'est pas une catastrophe naturelle! Notre lutte devra remonter loin.


Pour l'instant, il s'agit de gagner un peu de temps. Quand l'Europe se réveillera... Elle aura été rongée par un libéralisme brutal dont on observe déjà assez la nocivité pour être certains d'avoir raison de lutter contre lui.


C'est pourquoi je ne pense pas qu'il soit temps de négocier. C'est pourquoi il m'est assez indifférent que l'on dise que les enseignants sont corporatistes, qu'ils sont en conflit les uns contre les autres selon leurs qualifications et le lieu où ils travaillent. C'est pourquoi il faut impérativement empêcher que le début du quart de la moitié du processus de la réforme Darcos s'enclenche.


Derniers soubresauts d'un monde où les Lumières auront tenté d'éclairer les Hommes? Ou magnifique réveil, enfin, de peuples mieux éclairés qu'il n'y paraissait?


Il y a lourd à perdre. Mais on va gagner.


Nicole Orthous