La CPU note avec satisfaction l’évolution des discussions autour de la formation des maîtres et
l’ouverture de véritables négociations qui permettent une révision en profondeur de la réforme.
Elle s’engagera pleinement dans le travail de la commission de concertation et de suivi et désigne le président de la commission de pédagogie de la CPU, Daniel Filâtre, président de l’université de
Toulouse Le Mirail, pour la représenter à la coprésidence de cette commission. Cette commission
devra se prononcer sur le contenu, la nature et les modalités de la formation des maîtres et des
concours et démarrer ses travaux dès le début avril, après définition concertée de ses modalités de travail et de sa composition.
Pour l’année 2009-2010 et dans la mesure où les concours restent inchangés, la CPU souhaite que les préparations restent au plus près de celles de 2008-2009.
Pour que les étudiants puissent bénéficier d’un master nécessaire à leur recrutement ultérieur
comme professeurs, la CPU suggère de les inscrire, pour ces préparations, soit dans les UFR ; soit dans les IUFM dont l’année de préparation pourrait donner, à titre transitoire, l’équivalence de 60 ECTS.
Ces différentes modalités doivent être abordées de façon urgente dans les négociations qui se
déroulent en ce moment avec les deux ministres.
Texte adopté à l’unanimité moins une absentation 25/03/09
25 mars 2009
23 mars 2009
Communiqué CDIUFM
Mastérisation : sortir de la confusion et de l’incohérence (bis repetita)
La Conférence des directeurs d’IUFM ne cesse d’attirer l’attention sur le degré de confusion et
d’incohérence atteint par la réforme du recrutement et de la formation des enseignants à force d’ajouts et de rectifications successifs.
Les mesures concernant le caractère transitoire de l’année 2009-2010 ne font que rajouter un peu plus de confusion et d’incohérence :
- la juxtaposition de trois catégories d’étudiants qu’il faut désormais traiter de manière différente ;
- la nécessité de bricoler un dispositif à la hâte pour un nombre significatif d’étudiants, ceux qui
préparent les concours de professeur des écoles, des lycées professionnels, de conseiller principal
d’éducation ;
- l’obligation pour la plupart d’entrer dans la logique de préparation des actuels concours et de
s’inscrire simultanément dans des masters (quand ils existent) qui ont été construits dans une toute autre logique ;
- et, au bout du compte, la dévalorisation et la perte de crédibilité pour ces masters.
Il existe pourtant une solution simple, claire, cohérente, efficace et lisible.
Puisque l’on proroge officiellement les concours actuels, il suffit de proroger l’année qui les prépare et l’année de formation professionnelle en alternance qui les suit. Il y a là un dispositif qui, depuis une vingtaine d’années, a fait la preuve de sa cohérence et de son efficacité.
Il est alors très simple (moyennant le renforcement de la dimension recherche du mémoire de seconde année) de délivrer le diplôme ou le grade de master à tous ceux qui auront réussi ce parcours difficile et particulièrement sélectif.
Construire l’avenir
De plus, pour construire l’avenir, la Conférence des directeurs d’IUFM réitère sa proposition d’organiser des États Généraux de la formation des enseignants sous forme d’une consultation rigoureuse et démocratique de tous les acteurs de ce dossier.
Contact presse
Conférence des directeurs d'IUFM
Sandra VIÉ
Chargée de communication
Tél. 01 44 32 92 47
sandra.vie@cdiufm.amue.fr
19 mars 2009
Lettre aux députés et sénateurs
Madame, Monsieur,
Le gouvernement a engagé un processus de réforme de la formation des enseignants, dit de « mastérisation », qui a été ouvert par le Président de la République le 2 juin dernier. Or, pour toutes les parties prenantes (universités, par la voix des représentants des personnels et de leurs syndicats, par celles de leurs Conseils d’Administration et par celle de la Conférence des Présidents d’Université, départements universitaires, IUFM, sociétés savantes et organisations professionnelles, syndicats d’étudiants, fédérations de parents d’élèves, etc.), s’il est normal de vouloir améliorer la formation des maîtres, le projet gouvernemental tourne le dos à cet objectif. Certains de ses défauts sont particulièrement pointés :
·L’année de formation en alternance après le concours serait supprimée sans être compensée par une formation pré-professionnelle de qualité au cours de la licence et du master. Les lauréats du concours devraient ainsi assurer immédiatement un service d'enseignement aussi lourd, ou presque, que celui d'un enseignant chevronné, sans véritable préparation, ni accompagnement. Les difficultés des débutants déjà remarquées dans la formation actuelle, seraient considérablement amplifiées.
· La place du concours de recrutement lors de l’année de master 2 (on parle de l’admissibilité en janvier et de l’admission en juin, mais rien n’est arrêté…) retarderait d’un an la première rémunération des étudiants. Ce serait désormais aux familles de payer l’année d’étude à bac + 5. Et dans le cas où un stage en responsabilité serait organisé dans cette seconde année de master, les étudiants salariés se retrouveraient devant ce dilemme : accepter le stage ou conserver leur emploi.
· Aucune mesure sérieuse n’est prévue pour empêcher la raréfaction des recrutements de jeunes issus des milieux populaires. Certes, le ministère s’est engagé à accorder la priorité aux étudiants en master enseignement dans l’accès à 9 000 emplois d’assistants d’éducation. Mais croit-il vraiment qu’ils pourraient s’investir efficacement dans leur formation tout en assurant sérieusement leur mission dans les établissements scolaires ?
· Alors qu’il est logique d’inscrire la formation des enseignants dans le cadre des masters, la seconde année du master cumulerait différentes contraintes inconciliables : préparation à un concours difficile (d’autant plus que le nombre de postes a été réduit), formation à la recherche, formation professionnelle.
· Les épreuves des concours ont été conçues sans concertation, dans la précipitation, avec le seul objectif la réduction des coûts. Leur conception hybride ne permet de vérifier et de garantir ni les compétences professionnelles, ni les connaissances disciplinaires.
· Alors que tous les grands corps de l’État ont leur école de formation (police, magistrature, finances, santé…), l’État semble considérer que l’éducation nationale n’est plus digne d’avoir une école pour former ses fonctionnaires. Il se dessaisirait de cette mission. L’absence de cadrage national et la mise en concurrence des universités renforceraient les inégalités entre les villes, les départements et les régions. Certaines universités pourraient certes proposer à la fois des masters enseignement et des masters recherche, assurant ainsi leur rayonnement national et international. Mais d’autres ne pourraient présenter une telle diversité de formations ; elles verraient leur attractivité diminuer et seraient rapidement déclassées.
· De plus, l’existence des sites IUFM, généralement installés dans les locaux des anciennes écoles normales, est menacée dans les départements ruraux. Certes Mme Pécresse a pris des engagements lors d’une audience accordée à l’Association des maires de villes moyennes. Mais ces engagements sont difficilement compatibles avec l’autonomie des universités, inscrite dans la loi. Des informations données récemment aux personnels de divers sites (Quimper et Privas par exemple) semblent plutôt confirmer que leur fermeture est envisagée à court terme.
· Actuellement, les professeurs des écoles titulaires peuvent bénéficier d’une formation continue parce que leurs jeunes collègues les remplacent dans leur classe lors des stages de formation initiale. En diminuant très fortement la durée de ces stages, le projet aurait pour conséquence une réduction dramatique des possibilités de formation continue (elles seraient divisées par 2 ou 3).
· Probablement pour des justifications idéologiques, le gouvernement refuse de reconnaître que l'organisation de la formation des maîtres nécessite une structure académique interuniversitaire, s'appuyant sur le potentiel et l'expertise des IUFM.
Si ce projet était maintenu, nous irions vers une grave et durable détérioration de la qualité du service public d’éducation, au moment où l’Union Européenne engage les États à des investissements conséquents pour améliorer la formation initiale et continue des enseignants. De surcroît, alors que cette réforme romprait le lien organique entre la République, ses maîtres et son école, elle n’a pas fait l’objet d’une concertation avec les parties prenantes et n’a donné lieu à aucun débat parlementaire authentique. Or, la formation des maîtres est un enjeu national, car définir la manière de former les enseignants, c’est déterminer les formes que prendront l’éducation et l’instruction des jeunes générations pendant les quarante années suivantes… Aucune réforme de l’importance de celle-ci ne devrait pouvoir se décider sans que la représentation nationale ait à en débattre, à indiquer des orientations, voire à légiférer.
En cohérence avec les doléances exprimées par les universités et leurs présidents le 19 février dernier, nous vous demandons donc d’intervenir auprès du gouvernement pour qu’il suspende sa réforme, qu’il maintienne jusqu’en 2010 au moins les concours de recrutement dans leur configuration actuelle et qu’il mette à profit ce délai pour organiser la concertation et les négociations nécessaires pour concevoir, dans le respect des parties prenantes, une réforme digne de ce nom.
Nous vous demandons également de prendre position publiquement en faveur d’un débat parlementaire sur ce sujet de la plus haute importance pour l’avenir de notre société et vous saurions gré de nous faire connaître votre accord.
Vous remerciant de votre intérêt pour la formation des enseignants et, au-delà, pour l’école, veuillez croire à notre dévouement au service public d’éducation et à nos sentiments respectueux.
Le 19 mars 2009
Pour la coordination nationale Formation des Enseignants,
Le comité de lutte IUFM du Limousin
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